les gens ne lisent pas

Les gens ne lisent pas : Ne serait-ce pas faux ?

On a une réelle désinformation autour des activités de lecture et d’écriture. Dans un cas comme dans l’autre, on nous soutient la plupart du temps que les gens, les jeunes en particuliers, ne lisent pas. Ils n’écrivent pas non plus. En réalité, c’est assez faux et la raison en est simple : Nous n’avons jamais eu autant accès à de l’information écrite qu’aujourd’hui. Il faut donc déplacer la question non pas sur le fait de lire (ou d’écrire d’ailleurs), mais bien plus sur le “marché de la lecture”. Vous comprendrez aisément pourquoi je mets ici des guillemets 🙂

Les livres se vendent toujours

Il est possible que la fréquentation des médiathèques soit en baisse mais le dynamisme des ventes de livres fluctue avec d’autres aspects comme les modes et la communication qui en est faite autour assurément. En cherchant des chiffres (je vous donne des sources en bas de page), on peut trouver des informations intéressantes relatives au marché du livre (qui est le premier marché culturel en France). Il est en baisse de 4% sur une dizaine d’années entre 2007 et 2016, c’est une réalité. C’est assez important sur le global mais dans la même période, la diversité des œuvres a augmenté également. On ne lit plus que des romans, des BD, on s’intéresse aux essais et les livres jeunesse fonctionnent toujours aussi bien depuis plusieurs années.

Cela ne veut pas dire que l’achat se poursuit par une lecture, mais c’est un indice fort pour affirmer que l’intérêt de la lecture subsiste en lui-même.

Les supports de lecture explosent

Si, par le passé, seuls les courriers, les journaux et les livres permettaient de faire l’effort de lire, l’avènement des supports digitaux a considérablement changé la donne. Qui n’a pas un smartphone pour lire ce blog par exemple ? Qui ne s’est jamais procuré ou a eu l’envie de se procurer un livre numérique ? Qui ne participe pas aujourd’hui (y compris à l’écrit) à la création de contenus lisibles sur le Web (certes sur des réseaux sociaux ou des blogs plus ou moins qualitatifs) ? Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’Internet est ici une formidable opportunité pour sortir des sentiers battus ; La lecture imposée n’a plus vraiment sa place à notre époque, à l’exception bien entendu de la préparation à des concours ou dans un cadre scolaire à défaut. Sans jugement particulier, si vous avez une tête bien faite, vous saurez aller vers les sources adéquates d’informations ; C’est cela qu’attend la plupart des lecteurs, ce qui explique l’intérêt pour les essais.

Tests sur les sites Internet

Comme blogueur, j’ai la chance d’avoir de nombreux blogs traitant de sujets tout à fait différents. Sur chacun de ces supports, j’observe les données qui me sont remontées par analytics et par un certain nombre d’outils de mesure. Un contenu important d’un article peut vous laisser lire ce dernier pendant de longues minutes, pourvu que le sujet soit intéressant et structuré.

J’ajoute aussi qu’un acheter, un consommateur du Internet, prendra le temps de lire les contenus en détail avant de passer le produit au panier. De même, on lit des articles d’informations avant d’aller chercher ce même produit dans le magasin de proximité… Non, la lecture pour ce qu’elle est dans sa forme primaire, ne disparaît pas. Bien au contraire !

Récits et culture

Nous n’avons jamais autant été dans un monde de l’écrit. Son corolaire est donc la lecture. Cependant, le livre n’est plus la première source de lecture au quotidien. Pour que l’industrie du livre et la diffusion de ces types de contenus continuent, il est important de prendre en compte les éléments distractifs dans la culture. Les livres audio fonctionnent bien et je connais des personnes issues de tous milieux, soucieuses de vouloir avoir accès à la culture mais étant contraintes par la réalité du travail par exemple, écouter des livres-audio dans leur véhicule, dans leurs casques durant les transports, etc.

On peut faire de même avec la bonne musique de concerts évidemment.

Je ne suis pas inquiet pour la lecture, ni pour l’écrit d’ailleurs. En revanche, les questions culturelles passent par la manière dont elles vont se réinventer, par la manière également de se poser les questions de sa consommation. Une réflexion intéressante en la matière est d’orienter ses propres recherches sur les moments qu’il faut combler dans notre existence. L’audio, sur ce point est très fort : Si les radios publiques ou privées sont parfois (de plus en plus souvent) insipides, il y a place ici à la création de contenus sous formes de podcasts qui, eux, sont très riches de sens. La belle occasion de s’enrichir personnellement de savoir avec une autre approche que la lecture ou l’écriture !

Pour conclure, je dirais que la question n’est donc pas de savoir si les gens lisent ou non mais bien plutôt : “Lisent-ils ce que certain(e)s (moi compris) voudraient qu’ils-elles lisent ?”.

Sources : Le marché du livredonnées économiques.- La jeunesse lit toujours

X.D